Stase stercorale, que manger

Ce que veut dire ce mot lu sur une radio, les aliments qui aident le transit, les plantes du transit, et les signes qui imposent de consulter sans attendre.

Olivia TouzetÉnergéticienne · Mis à jour le 11 octobre 2026 · 5 min
Bol de salade verte aux brocolis et baies rouges, demi-citron, graines brunes et branche de basilic dans un vase
Sommaire
  1. Stase stercorale, définition simple
  2. Causes et symptômes
  3. Test, faut-il consulter
  4. Comment évacuer une stase stercorale
  5. Que manger en cas de stase stercorale
  6. Hygiène de vie et transit
  7. Plantes pour le transit
  8. Vos questions

Une rivière qui manque d'eau ralentit. Le limon se dépose au fond, et le courant peine à l'emporter. L'intestin connaît parfois le même ralentissement.

Je suis docteure en biologie de la santé et conseillère en phytothérapie. Voici ce que dit ce mot lu sur un examen, ce qui aide le transit, et ce qui impose de consulter.

Stase stercorale, définition simple

Stase veut dire arrêt ou ralentissement. Stercoral veut dire qui concerne les selles. Une stase stercorale est donc une accumulation de selles dans le côlon. Le mot vient le plus souvent d'un compte rendu de radio ou de scanner de l'abdomen. Il décrit une image, pas un diagnostic.

Le compte rendu précise parfois l'endroit. Une stase stercorale colique se situe dans le côlon. Pancolique ou diffuse, elle s'étend sur toute sa longueur. Caecale ou colique droite, elle se trouve au début du côlon.

Un compte rendu peut aussi parler de stase aérique ou aéro-stercorale. Cela décrit des gaz, ou des gaz et des selles, dans le côlon. Une stase accompagne souvent une constipation, mais pas toujours. Son importance se discute avec le médecin qui a demandé l'examen.

Causes et symptômes

Une alimentation pauvre en fibres, un manque d'eau, une vie trop assise, l'envie d'aller à la selle qu'on repousse. Certains médicaments ralentissent aussi le transit, comme la codéine, la morphine ou le fer. N'en arrêtez aucun seul, parlez-en à votre médecin.

  • Ballonnements et gêne

    Un ventre tendu, des gaz, une sensation de trop plein.

  • Douleurs du ventre

    Des crampes qui vont et viennent. Une douleur forte ou qui augmente impose de consulter en urgence.

  • Fatigue

    Fréquente avec un transit lent. Elle mérite qu'on cherche aussi une autre cause.

Le stress agit réellement sur le transit, par les nerfs qui relient le cerveau à l'intestin. Dans ma lecture symbolique, le côlon est l'organe du lâcher prise. Un ventre qui retient accompagne parfois une période où l'on retient beaucoup, ses mots, ses émotions. C'est le mal à dit. Le ventre réagit aussi pendant un soin, je l'explique dans bâillements et rots pendant un soin.

Signes qui imposent de consulter en urgence
  • Des douleurs fortes, ou qui augmentent.
  • Un ventre gonflé et dur.
  • Des vomissements.
  • Plus de selles ni de gaz.
  • De la fièvre avec mal au ventre, des selles noires, ou du sang abondant dans les selles.
  • Chez une personne âgée ou alitée, une confusion, ou des fuites liquides inhabituelles.

Ces signes peuvent annoncer une occlusion ou un fécalome, un bouchon de selles durcies dans le rectum ou le côlon. Ce sont des urgences médicales. Appelez le 15 si la douleur est forte, si vous vomissez ou si plus rien ne passe. Dans ces situations, ni fibres, ni laxatif, ni plante, ni lavement fait maison.

Test, faut-il consulter

Test interactif

Ce que vous observez

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Ce que vous ressentez

Comment évacuer une stase stercorale

Ma réponse commence toujours par le médecin. Lui seul peut dire si un traitement est nécessaire et lequel. Il dispose de laxatifs doux qui ramollissent les selles. Si un lavement est utile, c'est lui qui le décide.

Je déconseille 2 choses faites seul. Les laxatifs stimulants, en comprimés ou en plantes, pris sans avis médical ou au long cours. Ils peuvent irriter l'intestin, provoquer des crampes et faire perdre du potassium. Les lavements faits maison, qui peuvent blesser ou aggraver un fécalome.

Une constipation qui apparaît ou change après 50 ans, du sang dans les selles même en petite quantité, un amaigrissement inexpliqué, ou une gêne qui persiste malgré ces changements se montrent aussi à votre médecin. Sans urgence, mais sans tarder.

Que manger en cas de stase stercorale

Les fibres retiennent l'eau dans les selles et les rendent plus souples. Une règle passe pourtant avant tout. Augmentez-les doucement, sur 2 à 3 semaines, et buvez davantage en même temps. Des fibres sans eau durcissent les selles et gonflent le ventre. Si votre médecin parle de fécalome ou d'une stase importante, attendez son feu vert avant d'augmenter les fibres.

  • 1,5 à 2 litres d'eauSur toute la journée. Tisanes et bouillons comptent. Sauf si votre médecin limite l'eau à boire.
  • Légumes cuitsCourgettes, carottes, haricots verts, épinards. Plus doux que le cru.
  • Pruneaux trempésQuelques-uns le matin. Leur sorbitol, un sucre naturel, attire l'eau dans l'intestin.
  • Graines de lin trempées1 cuillère à soupe trempée une nuit, avec un grand verre d'eau. Leur mucilage assouplit les selles.
  • Céréales complètesAvoine, pain complet, quinoa, petit à petit.
  • Fruits et bonnes huilesKiwis, poires, pommes. Un filet d'huile d'olive ou de colza.

Yaourt et kéfir soutiennent la flore. Lentilles et pois chiches fermentent beaucoup. Gardez-les pour plus tard si votre ventre est gonflé.

Aliments à freiner

Pain, riz et pâtes blancs, pauvres en fibres. Fritures, plats très gras et produits transformés. Alcool et boissons sucrées. Il ne s'agit pas de tout supprimer, mais de rééquilibrer l'assiette.

Hygiène de vie et transit

L'intestin aime le mouvement et la régularité. La marche, même 20 minutes par jour, l'aide à avancer. Mangez à heures régulières. Allez aux toilettes dès que l'envie se présente, sans la repousser.

Après le petit déjeuner, le côlon se contracte davantage. C'est un bon moment à lui réserver, sans forcer. Un petit tabouret sous les pieds facilite le passage.

Un ventre qui se libère commence souvent par une vie qui ralentit.

Plantes pour le transit

Le monde végétal offre des alliées. Certaines sont douces, d'autres demandent une vraie réserve.

Psyllium blond

Riche en mucilages, il forme avec l'eau un gel qui assouplit les selles. Il se prend avec un grand verre d'eau, jamais juste avant le coucher, et à 2h de vos médicaments dont il peut gêner l'absorption. Jamais en cas de difficulté à avaler, de fécalome, de douleurs du ventre inexpliquées ou de suspicion d'occlusion. Avec un diabète traité, parlez-en à votre médecin, car il peut modifier les besoins en traitement.

Fenouil et anis étoilé

En tisane après le repas, ils sont traditionnellement employés pour apaiser les ballonnements. Achetez l'anis étoilé en pharmacie ou en herboristerie, car une espèce voisine, la badiane du Japon, est toxique pour les nerfs. Ni chez l'enfant de moins de 4 ans, ni pendant la grossesse ou l'allaitement. Pas non plus en cas d'allergie au céleri, à la carotte ou à l'armoise, de la même famille que le fenouil.

Bourdaine et rhubarbe, avec réserve

L'écorce de bourdaine et la racine de rhubarbe officinale, pas la tige du potager, sont des laxatifs stimulants. Je ne les conseille jamais en automédication, ni au long cours. Elles sont contre-indiquées en cas de douleurs du ventre inexpliquées, de suspicion d'occlusion ou de fécalome, de maladie inflammatoire de l'intestin, pendant la grossesse, l'allaitement et avant 12 ans. Elles font perdre du potassium, ce qui compte avec un traitement pour le cœur comme la digoxine, des diurétiques ou des corticoïdes. Si votre médecin les accepte, c'est pour 1 semaine au plus.

Avant toute plante, parlez-en à votre médecin
  • Un traitement en cours, notamment anticoagulant, pour le cœur ou pour le diabète.
  • Une grossesse, un allaitement, un enfant.
  • Une maladie de l'intestin, une opération récente du ventre, des difficultés à avaler, une insuffisance cardiaque ou rénale qui limite l'eau à boire.

La plante accompagne le traitement, elle ne le remplace jamais. Pour un accompagnement personnalisé, je vous reçois en consultation de phytothérapie.

Vos questions

Que manger en cas de stase stercorale ?

Des fibres introduites doucement, 1,5 à 2 litres d'eau par jour sauf avis contraire du médecin, des légumes cuits, des pruneaux et des graines de lin trempées. Si votre médecin parle d'une stase importante, attendez son accord.

Une stase stercorale est-elle grave ?

Souvent non. C'est une description d'image qui se discute avec votre médecin. Elle devient urgente avec des douleurs fortes, un ventre dur et gonflé, des vomissements ou l'arrêt des selles et des gaz.

Peut-on avoir une stase stercorale sans constipation ?

Oui. Le côlon peut garder des selles même quand on va à la selle chaque jour. Le médecin interprète l'image avec vos symptômes.

Les graines de lin conviennent-elles à tout le monde ?

Pas en cas de suspicion d'occlusion, de fécalome ni de difficulté à avaler. Prenez-les trempées, avec beaucoup d'eau, à distance de vos médicaments.

Olivia Touzet
Olivia Touzet

Docteure en biologie de la santé, ancienne enseignante à la faculté de médecine de Montpellier. Énergéticienne et conseillère en plantes à Clapiers, et en visio.

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